Temoignagne d'un prêtre en réponse à une question de la Commission spéciale prostitution : Assemblée nationale


 Memo : voir le discours du Pere Samuel à l'OSCE sur l'islam :
http://www.youtube.com/watch?v=uDKv2zpBpls#t=46



La question de l'existence d'un "besoin irrépréssible des hommes" a été posée par la commission parlementaire sur la prostitution.

J'apporte ici des textes du Père Samuel, qui lui a choisi la chasteté et la virginité. Pourtant le Père Samuel est un homme et pas une demi-portion d'ailleurs.

Il aborde cette question par le biais du débat sur le célibat des prêtres, qui m'indiffère complètement, mais son texte exprime son point de vue sur la décision d'être vierge et chaste et explique clairement qu'à aucun moment il n'est question de remettre en cause ce choix, ce qui montre qu'il est parfaitement possible, qu'aucun prétendu besoin physique masculin ne s'y oppose.

Les passages que je réprouve dans ce texte sont en fait ceux des Evangiles, qui racontent comme si cela allait de soi que certains apôtres ont abandonné leur femme pour suivre Jésus, et même que l'une d'elle a fini dans la prostitution comme "autre  aspect du célibat" :  on n'abandonne pas sa femme, on ne manque pas à son devoir de secours (!)



Je suis prêtre de l’Église catholique

En Orient, il existe plusieurs communautés chrétiennes dont certaines, catholiques, reconnaissent l’autorité du Pape et d’autres, qu’on appelle orthodoxes, ne la reconnaissent pas. Chacune de ces communautés, qu’elle soit catholique ou orthodoxe, a à sa tête un dignitaire religieux appelé Patriarche.
En ce qui me concerne, je fais partie du peuple syriaque, qu’on appelle aussi araméen, un peuple qui parle la langue du Christ et des Apôtres. Le peuple araméen est partagé entre deux communautés : l’Église syro-orthodoxe, dont le patriarche réside à Damas (Syrie), et l’Église syro-catholique dont le patriarche réside à Beyrouth (Liban). Depuis le début de l’année 2009, le patriarche de l’Église syro-catholique est Sa Béatitude Ignace Youssef III Younan, nommé par lePape Benoît XVI.
Le 29 juin 1967, j’ai été ordonné prêtre de l’Église syro-catholique au Liban, dans l’église du séminaire patriarcal de Charfet, par l’archevêque Grégoire Ephrem Jarjour, auxiliaire du patriarche et cardinal Gabriel Tappouni.
Le 23 octobre 1988, j’ai reçu la dignité de chorévêque des mains du même archevêque Grégoire Ephrem Jarjour, venu spécialement du Liban en Belgique pour l’occasion, en remerciement de l’aide que j’ai toujours apportée aux chrétiens de l’Orient et plus spécialement aux orphelins.Chorévêque, qui signifie « évêque des campagnes », est un titre encore en usage dans les Églises chrétiennes orientales et confère à celui qui le reçoit le droit de porter l’anneau, la croix pectorale et le titre de « Monseigneur », à l’instar d’un évêque.
Du 17 au 19 juin 2009, je suis allé à Rome pour y rencontrer mon supérieur hiérarchique, le Patriarche Ignace Youssef III Younan qui, à l’occasion de sa récente élection, a été reçu par le Pape Benoît XVI.

Le 17 juin 2009, j’ai assisté à l’audience générale du 
Pape Benoît XVI avec le Patriarche et toute la hiérarchie de l’Église syro-catholique. Le 18 juin 2009, sur l’invitation du Patriarche, j’ai concélébré, dans la Basilique Sainte-Marie-Majeure à Rome, la sainte messe catholique en langue syriaque avec plusieurs autres prêtres, 15 évêques, le Patriarche Ignace Youssef III Younan et 2 cardinaux, dont le Cardinal Sandri, représentant Sa Sainteté Benoît XVI et préfet de la Congrégation des Églises orientales. Le 19 juin 2009, j’ai pu à nouveau rencontrer plusieurs évêques et archevêques syro-catholiques dans la résidence Sainte-Marthe située au cœur duVatican.
Un prêtre qui ne serait pas catholique, autrement dit qui ne ferait pas partie de l’Église catholique, ne serait jamais autorisé à concélébrer une messe catholique avec un Patriarche catholique, 2 cardinaux, 15 évêques et plusieurs prêtres catholiques dans l’une des plus grandes églises catholiques de Rome, la Basilique Sainte-Marie-Majeure.
De 1975 à 1990, j’ai officié en Belgique, dans le diocèse de Tournai, mais j’ai toujours dépendu du Patriarcat syro-catholique d’Antioche, au Liban, qui reconnaît l’autorité du Pape. Je fais donc bien partie de l’Église catholique orientale et les critiques de l’Évêché de Tournai à mon égard sont sans valeur. Et j’ajoute que, quand un prêtre est ordonné, il l’est pour l’éternité et personne ne peut invalider ses sacrements, pas même Dieu le Père.
Charles Clément Boniface, dit Père Samuel, prêtre catholique.

LE PÈRE SAMUEL, PRÊTRE CATHOLIQUE, VOUS REÇOIT TOUS, CROYANTS OU NON, GRATUITEMENT.


Personnellement, je suis heureux d’être prêtre catholique, célibataire et vierge et de le rester jusqu’à la mort. Aujourd’hui, tout le monde parle de Jésus et de l’Évangile, y compris les journalistes, les romanciers et les écrivains incroyants dont la plupart vivent dans le péché et l’adultère au milieu d’une société où les mariages, de moins en moins nombreux, se terminent de plus en plus souvent par un divorce.


Alors, de grâce, que les incroyants, les catholiques « à la carte » et les prêtres modernistes habillés en pantalons jeans, comme des clochards dangereux dans la cité, arrêtent de se mêler de ce qui ne les regarde pas et qu’ils cessent de critiquer le célibat des prêtres en citant seulement les paroles du Christ qui leur conviennent. Ils n’ont aucune leçon à donner. Leur but est en fait de ridiculiser le vrai prêtre et de le rabaisser au rang de n’importe quel homme marié, plus préoccupé par les problèmes de sa femme et de ses enfants que par ceux de ses fidèles.


Et que ces mêmes incroyants cessent aussi de citer en exemple le cas des pasteurs protestants et des prêtres orthodoxes qui, contrairement aux prêtres catholiques, peuvent se marier. Chez les orthodoxes, à cause du mariage de leurs prêtres, le peuple est tombé dans la pauvreté et l’ignorance et a subi la domination des musulmans puis des communistes.


Chez les protestants, il n’y a pas de sacerdoce, n’importe qui peut devenir pasteur. Quand un pasteur protestant se convertit au catholicisme, il doit recevoir l’ordination des mains d’un évêque catholique pour devenir prêtre, comme cela s’est fait en 2005 à Namur, chez 
Mgr Léonard. Voilà la preuve qu’il n’y a pas de sacerdoce chez les protestants.


Chez les catholiques, par contre, existe le sacerdoce, institué par le Christ il y a deux mille ans et qui fait du prêtre le représentant du Christ sur la terre. À ce propos, le célèbre prédicateur belge,
Cornelius a Lapide (mort en 1637), a donné un très beau commentaire sur le pouvoir que le Christ donna à ses apôtres, dans l’évangile selon saint Jean (20, 21-23) de pardonner les péchés :


« Les Juifs étaient dans la vérité, lorsqu’ils disaient: Qui peut remettre les péchés, si ce n’est Dieu seul : Qui potest dimittere peccata, nisi solus Deus ? (Luc, 5, 21) Or, le prêtre remet les péchés, donc il est comme Dieu ; il tient la place de Dieu, il a les pouvoirs de Dieu. Après Dieu, il est Dieu sur la terre, dit saint Clément : Post Deum terrenus Deus(Constitutions Apostoliques, livre II, chapitre XXVI). »

Les Trésors de Cornelius a Lapide (édités par l’abbé BARBIER), Paris, 1856, t.IV, p.72.

Conformément à cette pensée de saint Clément (4ème pape, 88-96), si Dieu, qui est au ciel, n’a pas de femme alors le prêtre, qui est Dieu sur terre, ne peut pas avoir de femme non plus.


D’ailleurs, le mot « célibat » vient du latin 
caelibatus (de caelebs) qui signifie également « vie céleste » (de caelum qui veut dire « ciel »). Tertullien († 225), le premier grand théologien chrétien de l’Histoire, disait : « Le célibataire est l’habitant du ciel. » Le prêtre, qui représente Dieu, doit donc être, plus que quiconque, célibataire.


Pour critiquer le célibat du prêtre, beaucoup affirment que les apôtres étaient mariés, alors que les évangiles ne disent rien de semblable, sauf peut-être pour 
saint Pierre, dont Jésus a guéri la belle-mère (Saint Marc, 1, 29-31). De toute façon, s’ils se sont mariés, c’est avant de devenir apôtres car, une fois devenus les disciples de Jésus, ils l’ont suivi en laissant tout derrière eux.


À l’appel du Christ, 
saint Matthieu, qui était collecteur d’impôts, s’est levé et a quitté son bureau (Saint Matthieu, 9,9). Saint Pierre et son frère saint André, qui étaient pêcheurs, ont abandonné leur barque pour suivre Jésus, tout comme saint Jacques et saint Jean, qui ont laissé leur père Zébédée (Saint Matthieu, 4, 18-22). Plus tard, le chef des apôtres, saint Pierre, le seul dont le mariage est à peu près certain, dit clairement à Jésus : « Vois, nous avons tout quitté pour te suivre » (Saint Matthieu, 19, 27).


Saint Pierre et les autres apôtres ont suivi la recommandation que le Christ leur a faite : 
« Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix et qu’il me suive » (Saint Matthieu, 16, 24). Jésus lance cet appel à tous ceux qui veulent le suivre, particulièrement en devenant prêtre ou religieux. Jésus n’oblige personne et laisse la liberté à chacun. Mais ceux qui décident librement de le suivre doivent tout quitter.


Dans un autre passage des évangiles (Saint Matthieu, 19, 1-12), Jésus fait encore allusion au célibat des prêtres. Aux Pharisiens qui étaient venus le trouver pour lui demander s’il était permis à un homme de répudier sa femme, Jésus répond que le mariage doit rester indissoluble et qu’un homme qui répudie sa femme et en épouse une autre commet un adultère. En entendant cela, les apôtres se demandent alors s’il n’est pas mieux de ne pas se marier. Le Christ leur répond :


« Tous ne comprennent pas ce langage, mais ceux-là à qui c’est donné. Il y a, en effet, des eunuques qui sont nés ainsi du sein de leur mère, il y a des eunuques qui le sont devenus par l’action des hommes, et il y a des eunuques qui se sont eux-mêmes rendus tels à cause du Royaume des Cieux. Qui peut comprendre, qu’il comprenne ! »


Les hommes qui se sont faits eunuques pour le Royaume sont en fait les prêtres qui, pour devenir les serviteurs du Christ, ont renoncé au mariage et ont choisi de demeurer célibataires et chastes. Dès lors, nous pouvons dire avec Jean-Claude BOLOGNE (
Histoire du célibat et des célibataires, Fayard, 2004, p.51-52) :


« L’enseignement de Jésus de Nazareth est celui d’un célibataire qui s’adresse à des célibataires ou à des hommes qui ont pour lui délaissé leurs femmes. S’il y a autour d’eux des femmes – Marie de Magdala est la plus connue –, elles n’interviennent ni dans la prédication, ni dans l’organisation spirituelle, et encore moins dans la vie sentimentale du Christ et de ses apôtres. Une légende médiévale fait d’ailleurs de saint Jean l’Évangéliste, le marié des noces de Cana, qui, après le miracle de l’eau changée en vin, aurait quitté sa femme, Marie de Magdala. L’un aurait alors opté pour la virginité, l’autre pour la prostitution : l’avers et le revers du célibat. »


Ailleurs dans le Nouveau Testament, on retrouve des allusions au célibat. Dans l’Apocalypse (14, 1, 4-5), il est question de 144 000 élus, chiffre symbolique, présentés comme 
« ceux qui ne se sont pas souillés avec des femmes, car ils sont vierges ; ils suivent l’Agneau [c’est-à-dire le Christ, victime innocente] partout où il va […], ils sont irréprochables. »


Dans sa première épître aux Corinthiens (6,3), saint Paul, qui était célibataire et prêtre, déclare : 
« Ne savez-vous pas que nous [les prêtres] jugerons les anges ? ». Un peu plus loin dans cette même lettre (7, 29-38), saint Paul recommande le célibat pour pouvoir se consacrer totalement à Dieu :


« Je voudrais vous voir exempts de soucis. L’homme qui n’est pas marié a souci des affaires du Seigneur, des moyens de plaire au Seigneur. Celui qui s’est marié a souci des affaires du monde, des moyens de plaire à sa femme ; et le voilà partagé. De même la femme sans mari, comme la jeune fille, a souci des affaires du Seigneur ; elle cherche à être sainte de corps et d’esprit. Celle qui s’est mariée a souci des affaires du monde, des moyens de plaire à son mari. […] Ainsi, celui qui se marie avec sa fiancée fait bien, mais celui qui ne se marie pas fait mieux encore. »


Selon saint Paul, le célibat de ceux et celles qui se consacrent à Dieu est donc meilleur que le mariage. Mais, comme le Christ, saint Paul laisse une entière liberté aux fidèles.


Dans les premiers siècles du christianisme (comme aujourd’hui encore en Orient mais seulement dans des cas exceptionnels d’extrême nécessité), des prêtres catholiques étaient ordonnés parmi les hommes mariés. Pour le comprendre, reprenons cette comparaison faite par 
saint Jérôme(Docteur et Père de l’Église latine, † 420) : « Dans une armée qui ne doit être composée que d’hommes [soldats] courageux, n’admet-on pas aussi quelques hommes faibles, parce que tous ne peuvent pas être forts ? » Alors, arrêtons de dire que, dans l’Église catholique orientale, les prêtres sont mariés. C’est archifaux !


Origène, philosophe, théologien et Père de l’Église grecque († 254), est d’avis que seul le prêtre célibataire et continuellement chaste est digne de célébrer la messe : « Il est certain que le sacrifice perpétuel est interrompu par ceux qui ont des rapports matrimoniaux ; c’est pour cela que je suis d’avis que celui-là seul doit offrir le Sacrifice [c’est-à-dire célébrer la sainte Messe], qui a fait vœu d’une constante et perpétuelle chasteté. »

Un peu d’histoire

C’est ainsi que dès l’an 300, alors que les chrétiens ne peuvent pas encore se réunir librement, un concile est organisé à Elvire, dans le sud de l’Espagne, et établit officiellement le célibat pour tous les évêques et les prêtres. Le concile de Carthage en 390 déclare même que le célibat ecclésiastique est une loi qui remonte aux apôtres.


Saint Épiphane (Père de l’Église grecque, † 403) et saint Jérôme font remarquer que les prêtres, qui sont toujours appliqués aux choses spirituelles, qui offrent constamment le Sacrifice de la sainte Messe et doivent prier pour le peuple, sont obligés de s’abstenir du mariage et de tout ce qui y a rapport.


En 386, une décrétale du pape 
saint Sirice (38ème pape, 384-399) condamne l’attitude des prêtres qui ne respectent pas le célibat. À sa suite, saint Léon le Grand (45ème pape, 440-461), ce grand pape qui sauva Rome de la destruction des Huns d’Attila, déclare : « La loi de la continence est la même pour tous les serviteurs de l’autel, pour les évêques et pour les prêtres. »


Comme on peut le constater, le célibat des prêtres a été officialisé au IVe siècle mais son principe remonte au fondateur même du christianisme, Notre Seigneur Jésus-Christ. Au début du Moyen Âge, cette règle du célibat est restée en vigueur mais, au fil du temps, elle a été bafouée par plusieurs prêtres. C’est ce qui a amené le pape 
Grégoire VII (157ème pape, 1073-1085) à réaffirmer de toute sa force la loi du célibat pour les évêques et les prêtres, en interdisant notamment aux fidèles d’assister à la messe d’un prêtre marié.


Le célibat des prêtres, qui a encore été rappelé lors des conciles œcuméniques du Latran (1123) et de Trente (1545-1563), n’a donc pas été inventé au Moyen Âge par saint Grégoire VII qui n’a fait que rétablir ce qui existait depuis toujours.


En 2005, l’évêque de Namur, Mgr Léonard, s’est clairement opposé à saint Grégoire VII et aux conciles de Latran et de Trente en ordonnant prêtre un homme marié, ancien pasteur protestant. L’évêque a commis une erreur car, selon le pape saint Grégoire VII, les fidèles ne devraient même pas assister à la messe célébrée par ce prêtre marié.


Le prêtre est l’homme de Dieu, il ne peut donc être l’homme d’une femme. Le prêtre représente Jésus. Or Jésus n’a pas fondé de famille personnelle et n’a couché avec aucune femme. De la même manière, le prêtre, qui représente le Christ sur la terre, ne doit pas fonder de famille personnelle et doit rester célibataire et totalement chaste, afin d’être disponible pour tous, gratuitement et à tout moment. Bien ou rien !!!


Le prêtre doit rester célibataire pour accomplir sa mission, celle de sauver les âmes en étant libre de toute attache, sauf celle qui le lie à Dieu. Comme le disait 
Balzac († 1850) : « Le prêtre n’appartient à personne d’autre qu’à Dieu. » Et je le répète, l’homme de Dieu ne peut pas être l’homme d’une femme.

Père Samuel

Prêtre catholique 

Commission spéciale prostitution : Assemblée nationale

Mme Lise Tamm, procureure au parquet de Stockholm

Commission spéciale prostitution : Table ronde avec le mouvement du Nid et l'amicale du Nid : M. Grégoire Théry et Mmes Geneviève Duché, Agnès Bonneau et Hélène de Rugy


Table ronde avec : CFCV ; Association Mémoire traumatique et victimologie ; CNIDFF ; Abolition 2012
·         http://videos.assemblee-nationale.fr/img/list_arrow_down1.pngMme Marie-George Buffet, présidente
·         http://videos.assemblee-nationale.fr/img/list_arrow_down1.pngMme Anita Tostivint, Centre national d'information des droits des femmes et de la famille
·         http://videos.assemblee-nationale.fr/img/list_arrow_down1.pngMme Christine Passagne, CNIDFF
·         http://videos.assemblee-nationale.fr/img/list_arrow_down1.pngDr Emmanuelle Piet, pdte du collectif féministe contre le viol
·         http://videos.assemblee-nationale.fr/img/list_arrow_down1.pngDr Judith Trinquart, association Mémoire traumatique et victimologie
·         http://videos.assemblee-nationale.fr/img/list_arrow_down1.pngMme Claire Quidet, Abolition 2012 Mouvement du Nid
·         http://videos.assemblee-nationale.fr/img/list_arrow_down1.pngQuestion de M. Guy geoffroy
·         http://videos.assemblee-nationale.fr/img/list_arrow_down1.pngQuestion de M. Charles de Courson
·         http://videos.assemblee-nationale.fr/img/list_arrow_down1.pngquestion de M. Sergio Coronado
·         http://videos.assemblee-nationale.fr/img/list_arrow_down1.pngM. Guy Geoffroy
·         http://videos.assemblee-nationale.fr/img/list_arrow_down1.pngQuestions de députés
o    http://videos.assemblee-nationale.fr/img/list_arrow_down2.pngMme Catherine Coutelle
o    http://videos.assemblee-nationale.fr/img/list_arrow_down2.pngMme Colette Capdevielle
o    http://videos.assemblee-nationale.fr/img/list_arrow_down2.pngMme Ségolène Neuville
o    http://videos.assemblee-nationale.fr/img/list_arrow_down2.pngMme Edith Gueugneau
·         http://videos.assemblee-nationale.fr/img/list_arrow_down1.pngMme Maud Olivier, rapporteure
·         http://videos.assemblee-nationale.fr/img/list_arrow_down1.pngDébat


Notre civilisation, notre conception de l'amour ... contre la prostitution

La réponse la plus explicite que je trouve au manifeste des "343 salauds", est finalement cet exposé de l'abbé Guy Pagès sur la notion d'amour, d'amour conjugal.

Cette notion est le contraire de tous les arguments donnés pour justifier la prostitution et surtout l'achat de prostitution.

 "Je veux ton bonheur".

 le contraire du viol d'autrui, le contraire de se payer un consentement factice.

 



" Avoir des relations sexuelles n'est pas un droit de la personne" Kajsa Wahlberg



Les carottes sont cuites pour l'industrie du sexe en Suède: voici pourquoi

26 mars 2013, 05:41
En Suède, des lois innovatrices en matière de prostitution criminalisent les prostitueurs et pas les prostituées. Le résultat: une baisse de 70 pour cent du chiffre d’affaires de l’industrie. Joan Smith a pris pace à bord d’une voiture de patrouille de Stockholm pour savoir comment cela fonctionne - et si la Grande-Bretagne pourrait emboîter le pas.  

par Joan Smith, le mardi 26 mars 2013, The Independent (Royaume-Uni)  

Je suis assise à l’arrière d’une voiture de police banalisée sur la petite île de Skeppsholmen, juste à l’est du pittoresque Vieux-Stockholm. Nous sommes au pied du Musée d’art moderne de la ville, mais c’est une nuit sombre de février et nous ne sommes pas ici en quête de culture. «Ils se garent là-haut», me dit le détective assis sur la banquette avant, pointant du doigt un parking en haut de la colline. « Nous attendons quelques minutes, puis nous sortons de l’auto, grimpons la colline et ouvrons les portes. »  

Ce qui se passe ensuite est typique de la façon dont fonctionne en pratique la loi suédoise qui pénalise l’achat de sexe. Le conducteur de la voiture, qui a amené une femme prostituée sur l’île pour des relations sexuelles, est arrêté sur le champ. On lui laisse le choix : admettre l’infraction et payer une amende, proportionnelle à ses revenus, ou aller contester au tribunal et courir le risque d’être identifié publiquement. Quant à la femme, elle n’a violé aucune loi et se voit offrir l’aide des services sociaux si elle souhaite quitter la prostitution. Dans le cas contraire, elle est autorisée à repartir.   

« Acheter du sexe est l’un des crimes les plus honteux pour l’homme arrêté », explique le détective, Simon Haggstrom. Il est jeune, Noir, et son apparence – crâne rasé et jeansbaggy – le fait plus ressembler à un cadre du monde de la musique qu’à un flic. Mais il est en charge de l’unité de la prostitution du Service de police du comté de Stockholm, et il est fier du fait qu’il a arrêté plus de 600 hommes en vertu de la loi suédoise: « Nous avons arrêté toutes sortes de gens, allant des toxicomanes aux politiciens. J’ai même déjà arrêté un prêtre, et il m’a dit que j’avais ruiné sa vie. Je lui ai répondu: « Ce n’est pas moi qui ai ruiné votre vie, mais vous-même. »                                                                                                                                                    

La décision prise par la Suède de renverser des siècles de préjugés au sujet de la prostitution et de criminaliser les acheteurs de sexe a provoqué l’étonnement lorsque cette loi est entrée en vigueur en 1999. Alors que le débat faisait rage ailleurs à savoir si la prostitution devrait être légalisée, l’idée très simple du gouvernement suédois – on n’arrêtait pas les bonnes personnes – s’avérait nouvelle et controversée. La surintendante-détective Kajsa Wahlberg est rapporteure nationale pour la Suède sur la traite des êtres humains.Lorsque je la rencontre à son bureau de Stockholm, elle se remémore qu’un policier d’un autre pays a été jusqu’à accuser les Suédois de recourir à des « méthodes nazies ».Wahlberg reconnaît que de nombreux policiers suédois étaient également sceptiques. «Au début, il y avait de la frustration et de la colère au sein du service. On aurait cru qu’ils mâchaient des citrons », dit-elle avec un rire ironique.
    
Tout cela a changé de façon spectaculaire depuis l’entrée en vigueur de la loi. « Le principal changement que je constate, en rétrospective, est le fait d’avoir obtenu l’adhésion des hommes », explique la surintendante Wahlberg. « C’est un problème sexospécifique. Des hommes achètent des femmes. L’un des facteurs-clés est la formation des agents de police. Quand ils et elles comprennent le contexte, le portrait devient clair. » Elle parle des diverses raisons qui amènent les femmes dans la prostitution, citant des recherches qui montrent souvent des antécédents d’abus sexuels dans l’enfance, aggravés par des problèmes de drogue et d’alcool.  

« Elles n’ont pas confiance en eux-mêmes. Elles ont été laissées de côté ou négligées et essaient d’obtenir toutes sortes d’attentions. On ne parle pas ici du choix d’une femme adulte. » Au cours des années 1990, le gouvernement suédois a graduellement accepté les arguments de groupes de femmes faisant valoir que la prostitution constituait un obstacle à l’égalité entre les sexes et une forme de violence contre les femmes.  

Ce qui est remarquable, c’est que l’opinion publique, hostile au départ, a viré bout pour bout et adopté ce point de vue ; aujourd’hui, 70 pour cent de la population est favorable à la nouvelle loi. «Nous avons changé la mentalité de la population suédoise," me dit Simon Haggstrom. Ce changement s’observe facilement parmi les vétérans de son unité.                                                                                                                                

Un flic en civil, qui est policier depuis 37 ans, semble encore surpris quand il se souvient de ce qui s’est passé il y a 14 ans. « Quand la loi est entrée en vigueur, les rues se sont vidées pendant six mois », dit-il.                          

Ces jours-ci, il est l’un des partisans les plus enthousiastes de la loi, ayant lui-même pu constater le déclin du nombre de femmes maintenues dans la prostitution de rue à Stockholm. Là où il y avait auparavant de 70 à 80 femmes qui vendaient du sexe à l’extérieur, de nos jours c’est entre cinq et 10 en hiver, et 25 en été. Quelques femmes font aussi les rues de Malmö et Göteborg, mais les statistiques suédoises demeurent bien inférieures à celles du Danemark, où la prostitution a été décriminalisée. Le Danemark ne compte qu’un peu plus de la moitié de la population suédoise, mais une recherche a indiqué que plus de 1 400 vendeuses de sexe se pressent dans les rues danoises.                                                                                                                                                  

La loi a aussi apporté d’autres changements. Avant 1999, la plupart des femmes prostituées dans les rues de Stockholm étaient suédoises. Aujourd’hui, elles viennent des pays baltes ou d’Afrique, et ont déjà vendu du sexe dans d’autres pays aussi. Elles disent d’ailleurs aux policiers de l’unité du détective Haggstrom qu’elles sont beaucoup plus susceptibles d’être victimes de violences dans les pays où la prostitution a été légalisée.  

Les hommes suédois veulent des fellations et des coïts, rien de plus », me dit le flic en civil.«Ils savent qu’ils doivent bien se comporter ou ils peuvent être arrêtés. Ils se retiennent d’être violents. »                                   

C’est une observation fascinante. parce que l’une des critiques adressées d’avance à la nouvelle loi était qu’elle allait rendre la prostitution plus dangereuse. Tous les policiers suédois à qui j’ai parlé m’ont bien dit qu’il s’agissait d’un mythe, tout comme l’idée que la prostitution allait devenir clandestine. « Si un acheteur de sexe peut trouver une femme prostituée dans un hôtel ou un appartement, la police peut le faire aussi », observe ironiquement Haggstrom.  

« Les pimps doivent annoncer », explique-t-il. Des agents ont été spécialement formés à surveiller l’internet et la police a également accès à des procédures d’écoute téléphonique, qui leur indique que les trafiquants ne considèrent plus la Suède comme un marché rentable. «Nous avons entendu sur écoute des proxénètes dire que la Suède ne les intéressait pas », continue Haggstrom. «Même s’ils échappent à l’arrestation, nous arrêtons leurs clients et leurs décisions ne sont fondées que sur les profits envisagés : c’est bien simple à comprendre. »                                                                                                                                       

Les statistiques sur la criminalité suédoise semblent étayer son argumentation. En 2011, seulement deux personnes ont été condamnées pour traite à des fins sexuelles et 11 autres pour proxénétisme lié à la traite. (Cette même année, 450 hommes ont été reconnus coupables et condamnés à une amende pour achat de sexe, y compris un certain nombre de touristes étrangers). En 2012, les chiffres ont été légèrement plus élevés: trois condamnations pour traite et 32 pour l’infraction connexe de proxénétisme. Mais 40 femmes, pour la plupart originaires de Roumanie, ont eu suffisamment confiance dans le système de justice pénale suédoise pour servir de témoins à charge contre les hommes qui les exploitaient.                                                                           

La législation suédoise pourrait-elle fonctionner dans d’autres pays? La Norvège et l’Islande ont toutes les deux adopté des lois interdisant l’achat de sexe, et le Royaume-Uni a amorcé certaines démarches en vue d’une éventuelle criminalisation des prostitueurs ; c’est déjà une infraction pénale que d’acheter du sexe à des personnes de moins de 18 ans ou à une adulte qui est exploitée par des proxénètes ou des trafiquants. Mais on compte encore très peu de condamnations, ce qui suggère que les policiers britanniques ne partagent pas les vigoureuses attitudes de leurs homologues suédois. Simon Haggstrom convient avec Kajsa Wahlberg que la loi à elle seule ne suffit pas: « Il vous faut des ressources pour l’appliquer. Il vous faut des agents qui sortent procéder à des arrestations. »  

Dans la voiture de patrouille, quelque chose arrive qui révèle la pleine mesure du changement de paradigme qui a touché les hommes et les femmes en Suède. Dans une rue brillamment éclairée, Haggstrom pointe du doigt deux femmes roumaines qui travaillent comme prostituées. Alors que je les imagine traverser le pont avec un parfait inconnu vers le triste parking de Skeppsholmen, Haggstrom se tourne vers moi et me dit à voix basse :« Avoir des relations sexuelles n’est pas un droit de la personne. 
Traduction : Martin Dufresne

©Joan Smith, The Independent, March 2013.

Prostitution en milieu homo



La prostitution existe entre femmes lesbiennes ou à destination de femmes lesbiennes. Et entre hommes ou pour des hommes homosexuels.

Voici un témoignage montrant pourquoi le militantisme "pro-sexe" "pro-prostitution" est si fort parmi les associations gays.

Toutes les exploitations des plus faibles s'ajoutent et se reforcent les unes les autres, avec pour seul motif les plaisirs minable du plaisir physique "en soi", et abject de "se payer" l'autre ...

Le plaisir physique est noble quand il est partagé et exprime des sentiments partagés, fussent ils une rencontre destinée à être éphémère, sans quoi il est juste un phènomène basique de circulation sanguine.

Faire passer d'autres priorités autrement importantes après lui est assez minable. Mais sacrifier d'autres personnes pour y parvenir est tout à fait abject.


Gay et pour l’abolition du système prostitueur et la pénalisation des clients. Pourquoi ?
Je suis gay féministe et pour la pénalisation des clients de la prostitution. Pourquoi ?
Mon témoignage :
Marc, 26 ans, étudiant à Paris
Je m’appelle Marc, je suis étudiant et gay. Je suis d’origine asiatique  donc issu de l’immigration comme on dit. Je me suis prostitué pendant une période. Pourquoi ? C’est compliqué…
Ma famille m’a rejeté parce que j’étais homosexuel. Je suis efféminé et ça se voyait vraiment. Ma mère me disait de porter une robe quand j’avais sept ans pour m’humilier. Elle avait du regret de m’avoir donné la vie. Très tôt j’ai été la risée de mes camarades de classe. Mes manières, ma douceur et ma délicatesse étaient source de moqueries et parfois de rejet. Durant toute mon enfance et mon adolescence, je n’ai reçu aucun amour. Arrivé à l’âge adulte, j’ignorais ce qu’était l’affection, le partage, l’estime de soi. Je me détestais. L’homophobie de mes parents, de mes frères et sœurs et de ma famille m’avait détruit. Le rejet de la société n’était pas mieux. Etre efféminé est un réel handicap dans le monde du travail. On ne vous respecte pas, on vous marche sur les pieds, on se moque de vous.  Je me suis dit  très tôt que mon rêve, plutôt mon fantasme d’ailleurs, était de me prostituer à Place Dauphine à Paris. J’espérai que des hommes plus âgés et plus riches pourraient m’aider à m’accepter tel que j’étais. J’imaginais le client comme un « papa » qui pourrait me donner de la valeur grâce à son argent. Même s’il me donnait 10 euros, j’aurai été satisfait, juste un peu d’amour, c’est tout !
Une fois arrivé  à Paris pour poursuivre mes études, j’ai commencé à mettre des annonces sur internet, des annonces de prostitution bien sûr. Les sites comme Vivastreet ou Wannonce sont de réels « bordels virtuels ». J’ai vite compris que les fameux clients étaient pour la plupart des hétéros planqués ou soit des homosexuels viellissants. C’était vraiment loin de l’image que j’avais des clients. Je pensais que c’était des gays fortunés et raffinés aux bonnes manières, paternels et bienveillants. La réalité est tout autre. Beaucoup d’hommes recherchent des étudiants, ils le précisent d’ailleurs dans leurs annonces. L’étudiant est par définition dans une précarité économique surtout à Paris, ce qui fait jouir les clients c’est bien cette fragilité estudiantine. Ils nous achètent et c’est encore mieux si on est vulnérable, ils en retirent un plaisir particulier.
Aujourd’hui, encore, quand je repense à ces passes que j’ai faites, j’ai envie de vomir. Je revois encore ces vieux cochons qui me tendaient leurs billets de 20 euros, l’air satisfait et repu. Ils me laissaient seul, avec leurs taches de luxure déposées sur mon corps. Après, venait le rituel de la douche, où je devais enlever, leur odeur, leur transpiration, leur parfum. J’avais envie de mettre de la javel des fois tellement c’était horrible. On perd peu à peu son identité, on oublie les visages. On se laisse abuser sans rien dire. Quand j’étais enfant ma mère me battait en disant que j’étais une « fillette » et  avec ces hommes, ces clients, j’étais enfin cette fillette lubrique qui faisait la seule chose qu’elle savait faire : vendre son cul et sa bouche. Oui, c’est cru mais ce monde est cruel et sans pitié, malgré ce qu’on dit.
Ma mère m’a souvent menacé de me couper les vivres. J’étais un fardeau pour elle. Dans ces périodes de conflit, je repostais sur le net des annonces de prostitution par dizaine. Mais l’argent gagné je ne pouvais le garder. Je le dépensais tout de suite, l’argent était sale. Je le savais inconsciemment. Beaucoup de mes amis gays se sont prostitués. On était tous asiatiques ou beurs, en tous cas des immigrés gays rejetés par leurs parents.  Au fond, on voulait être aimé pour ce qu’on était : des jeunes gays. J’ai pensé au bois de Boulogne aussi. Dans la société hétéronormée, un homosexuel efféminé n’a pas sa place. On m’a souvent dit que la finesse de mes traits me permettrait de travailler en Travesti. Comme ça j’aurai pu donner mes fesses aux hétéros mariés et pères de famille. C’est ce qu’on propose aux gens comme nous… j’ai longtemps pensé que la prostitution était mon destin. Ma mère me l’avait dit, je finirai mal de toute façon. Je l’ai écoutée et j’ai connu l’enfer.
Aujourd’hui, je suis sorti de la prostitution. Je n’ai pas connu les réseaux, les proxénètes et le danger de la prostitution de rue mais je sais que c’est une violence. Beaucoup de mes amis sont arrivés à la prostitution car ils avaient été rejetés par leur famille du fait de leur homosexualité. C’est un mécanisme psychologique complexe. L’argent des clients était vécu comme une validation de notre valeur d’être humain. Mais tout ça c’était faux. On avait juste besoin d’amour, un amour vrai et désintéressé qu’on avait pas reçu de nos familles.
La plupart des clients que j’ai fréquentés étaient des gens grossiers et vulgaires qui nous méprisaient. L’image du client sauveur véhiculé par les médias et le lobby pro-prostitution est une vaste escroquerie. Le pire moment est celui où ils sortent les billets. Je sais que je suis minoritaire dans le milieu associatif LGBT. Les boutiquiers du Marais sont plutôt favorables au statu quo. Le STRASS, Hervé Latapie, Aides, Act UP et toute les associations qui luttent contre le SIDA sont des complices du statu quo en ce qui concerne la situation des personnes prostituées. Je suis immigré, et je remarque que ce sont toujours des blancs friqués  qui prennent la parole dans ces assos là. D’ailleurs le STRASS se fout pas mal de la situation des Nigérianes et des Chinoises de Belleville. J’ai entendu un de leur membre dire que la situation des filles dans les réseaux n’était pas leur problème. J’ose le mot, il y a un soupçon de racisme dans ces associations qui acceptent la traite des femmes étrangères comme un mal nécessaire. Quid des jeunes Roms qui se prostituent à Paris, garçons comme filles ? C’est ça qu’on veut pour eux, sachant que beaucoup sont mineurs. Le milieu LGBT me déçoit sur cette question mais après tout en tant qu’immigré je sais que les gays ne sont pas mieux que les autres. La première boite de nuit condamnée pour racisme était le Queen, haut lieu du milieu homo lors des années 90.
Un blanc qui exploite un noir, un vieux qui exploite un jeune, un homme qui exploite une femme, un hétéro qui exploite un Trans, un riche qui exploite un pauvre : c’est ça la prostitution, une relation de pouvoir sans égalité. Un gay blanc  de 45 ans me faisait la confidence : « Quand je serai vieux, j’aimerais bien me payer un ptit jeune pour m’amuser ». Beaucoup de gays de cet âge là ou plus âgés sont contre l’abolition de la prostitution pour ces raisons là. Ils veulent profiter de leur retraite et c’est mieux si la marchandise est exotique : Beurs, Chinois, Asiatiques, Brésiliens et j’en passe. C’est le règne de la gérontocratie blanche homosexuelle. Moi qui rêvait d’une société métissée et ouverte sur le monde avec un monde post-colonial, je me retrouve avec une communauté gay décomplexée par rapport au Front national et qui plus est, favorable au maintien du système prostitueur. Les vieux exploitent les jeunes et les blancs  exploitent les minorités ethniques qui sont les plus fragilisés par la crise et enfin les riches gays exploitent les gays prolétaires et autres LGBTi déclassés et vulnérables.
Je suis gay, immigré, féministe, et pour la pénalisation des clients de la prostitution et pour l’abolition du système prostitueur. J’ai été une victime de ce système. La communauté gay me dit que je suis une salope ou une trainée et que je dois continuer à faire cela. Moi je pense que j’ai droit à l’amour, au vrai et au respect de moi même.
PS pour ACT UP et AIDES : Au lieu de vous focaliser sur le SIDA, si vous pensiez un peu à apporter plus d’amour à ces jeunes qui sont dans la prostitution, ça ne changerait pas les choses ? Vos capotes m’ont pas servis, les clients préfèrent sans de toute façon. Vous m’avez maintenu dans ma précarité. Ce que j’attendais c’était autre chose de votre part, juste de l’amour….